Et encore, ce taux s’applique aux 500 000 personnes dont le handicap n’est pas tel qu’ils doivent fréquenter les structures adaptées (centre d’aide par le travail ou CAT). Le handicap est donc bien aujourd’hui, en France, une source majeure de discrimination. Les pouvoirs publics n’y sont pas restés insensibles, puisque, trente ans après la loi de 1975, de nouvelles dispositions législatives ont été adoptées en 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. »
Cette loi crée, d’une part, un droit à la compensation du handicap par le versement de prestations permettant de faire face au surcoût du handicap (aménagement du logement ou du véhicule, rémunération d’une aide à domicile) et, sous certaines conditions, d’un complément de ressources en cas d’impossibilité de travailler. D’autre part, la loi rend obligatoire l’accessibilité des personnes handicapées à tous les établissements recevant du public et aux moyens de transport en commun, comblant ainsi le retard de la France par rapport à beaucoup d’autres pays développés. Enfin, des « maisons départementales des personnes handicapées » permettront d’offrir un guichet unique pour toutes les démarches.
Que peut-on espérer de ces nouvelles dispositions ? En matière d’emploi, la loi de 1987 imposait déjà aux entreprises de plus de 20 salariés d’employer au moins 6% de personnes handicapées. Seulement 45 % des entreprises soumises à cette règle l’appliquent, les autres se contentant de verser la contribution prévue en cas de non respect. On voit que la loi n’est pas toujours une solution suffisante. Les employeurs plaident souvent la difficulté de trouver des candidats qualifiés, la population handicapée étant en moyenne plus âgée et moins qualifiée. Mais cette explication devient de moins en moins tenable, dans la mesure où le handicap est de plus en plus acquis, au cours de la vie. Il reste surtout un fond d’appréhension, de préjugé, qui veut que le handicapé soit moins performant, moins présent, moins impliqué. D’autre part, l’aménagement du poste de travail fait redouter des coûts élevés. Pourtant, une fois franchies les portes de l’entreprise, les handicapés apportent toute satisfaction à leurs employeurs, dont près de 87% se déclarent satisfaits (enquête Louis Harris/fonds pour l’insertion des personnes handicapées).
Cette importante question ne peut plus rester en l’état. Ainsi, chaque jour, les accidents de la route mutilent définitivement des jeunes gens. Notre société n’aura rien d’autre à leur proposer que l’exclusion, l’absence de toute socialisation par le travail ? Comme le dit le beau slogan de l’ADAPT : « handicapé, ce n’est pas mon métier ».
Où se renseigner ? L’association pour la réinsertion professionnelle des handicapés (ADAPT) [lien] et
[lien]
Le portail du handicap [lien];