1. Elle part d'une idée que vous imputez à l'auteur.
2. Elle fonde ensuite cette imputation sur un élément textuel précis qui est cité (quelques mots, parfois un seul mais jamais des phrases entières pour éviter la paraphrase).
3. Elle se poursuit par l'analyse de cet élément en montrant ce qu'il présuppose et ce qu'il engage (vous devez ainsi combler la connaissance que l'auteur ne fournit pas et mettre au jour les implications qu'il ne formule pas).
4. Enfin vous devez problématiser les acquis de votre analyse pour montrer en quoi elle appelle une transition vers l'idée suivante, soit sous la forme d'un problème interne au texte (qu'il va résoudre), soit sous la forme d'une objection externe à laquelle le texte ne répond pas et dans l'espace de laquelle vous pouvez montrer les apports d'autres auteurs. Dans tous les cas, votre analyse ne doit pas rompre l'ordre
démonstratif linéaire pour se servir de ce qui vient après pour expliquer ce qui est avant, car vous expliqueriez alors la cause par sa conséquence. De la même façon, il est trop facile de plaquer la connaissance que vous pouvez avoir d'un auteur sur un texte précis.
L'intérêt de l'épreuve ne tient pas à la récitation de thèses philosophiques sans quoi on vous interrogerait par QCM ou questions de cours. L'impératif de l'explication est de réfléchir à la façon dont la thèse s'établit plus qu'à la thèse en elle-même. L'introduction répond aux trois étapes déjà présentes dans la dissertation : accroche, problématique et plan.
Pour l'accroche, une petite variante est possible, dans la mesure où vous pouvez également commencer par une référence à l'auteur ou au contexte intellectuel qui lui sert de référence. Ce qui est ici intéressant n'est pas la biographie de l'auteur mais son univers philosophique en ce qu'il peut expliquer le type de raisonnement produit.
La problématique revient plus particulièrement à la formulation du thème du texte, à laquelle s'articule la formulation de la thèse défendue par l'auteur, cette thèse s'affrontant elle-même à un problème philosophique qu'elle entend résoudre. Par exemple, dans l'Allégorie de la caverne, Platon aborde le thème de la connaissance vraie, défend la thèse selon laquelle la vérité vient de la capacité pour l'esprit à trouver en lui les Formes intelligibles, et affronte le problème de la distance entre l'apparence sensible soumise au devenir et l'explication rationnelle inscrivant toute chose dans la stabilité des règles intelligibles. Le plan est un peu plus codifié que pour la dissertation car chacune des phrases a pour but de présenter la nature et la fonction de chacune des parties. Dans la conclusion, seule l'ouverture change quelque peu, car vous devez privilégier une confrontation philosophique entre la thèse de l'auteur et une thèse complémentaire, opposée, voire contradictoire (du même auteur ou d'un autre).
En quelques mots, vous devez donc indiquer précisément les raisons de la poursuite possible du débat. À défaut, vous pouvez avoir recours au même type d'ouverture que la dissertation.