Elle apprécie cette indépendance qui lui permet de servir de plate-forme et ainsi de rencontrer le maximum de personne.
Et n'allez pas croire que le métier de chanteuse se résume à chanter 3 chansons et rideau !
Il n'en est rien. La journée type n'a rien d'une sinécure. Étant donné que Sophie travaille beaucoup avec l'Europe, vivant à New York, elle doit se lever tôt afin de pouvoir rester en contact avec ses interlocuteurs réguliers et ainsi renforcer ces mêmes réseaux qui peuvent tant aider le moment venu.
À cause du décalage horaire, elle doit donc être réactive et bien organisée.
Voila pour la matinée, durant l'après-midi, en fonction de ce qui est prévu, le temps se partage entre rendez-vous et écriture. A ce propos, selon elle, il faut se " forcer " à écrire, c'est-à-dire que si l'inspiration ne vient pas, il ne faut pas abandonner. Pour résumer, " si on n'est pas inspiré, se forcer et si on est inspiré, surtout ne pas s'arrêter ", voilà la devise de Sophie à ce sujet.
Malgré son indépendance affichée, Sophie ne peut s'empêcher de penser au circuit de promotion traditionnel : promo télé, grosses émissions� Mais comme tout artiste indépendant, elle craint que le système ne " dénature " sa musique même si elle reste consciente que c'est elle qui mène sa barque, d'ailleurs, elle pense à juste titre que " si on reste consistant dans son travail, le problème ne se pose pas " .
Son désir est donc de se faire connaître, mais pas à n'importe quel prix. Elle souhaite dans un premier temps s'implanter en Angleterre, choix stratégique, dans la mesure où elle chante exclusivement en anglais. D'ailleurs, elle ne s'en cache pas, elle préfère écrire en anglais, s'y sentant plus à l'aise.
Il est peut-être plus simple de coucher ses émotions en anglais qu'en français, et puis l'anglais est tellement plus harmonieux en chanson que le choix est vite fait.
Par ailleurs, son album parle beaucoup d'amour, la question est de savoir si elle s'appuie sur son propre vécu où bien si elle imagine ces histoires de ruptures et de retrouvailles. Elle nous explique à ce sujet qu' " écrire une chanson sur son propre vécu est un exercice très délicat ", il vaut mieux alors s'appuyer sur ce que l'on entend à droite et à gauche et ensuite le coucher sur papier. Cependant, selon Sophie, les paroles ne sont pas l'élément que le public retient le plus facilement, surtout pour une chanson en anglais.
La mélodie est prépondérante car elle fait le lien entre la non-compréhension des paroles et le plaisir d'écouter le morceau.
S'appuyant sur des valeurs telles que la confiance, qu'elle donne et qu'on lui a souvent manifestée, et la rigueur, qu'elle s'impose tous les jours, Sophie Delila est une jeune chanteuse de 24 ans qui sait ce qu'elle veut. D'ailleurs, son conseil à ce sujet est de " ne pas abandonner car en abandonnant pas, on emmagasine de l'expérience et on se fait une place, un territoire plus grand au gré des abandons des autres moins courageux ".
Pour finir, je lui demande son avis sur les programmes type Starac, Nouvelle star etc� Pour elle, ces programmes, qu'elle ne regarde pas étant donné qu'elle vit aux Etats-Unis, pourrait représenter un excellent tremplin mais dans le cadre d'un projet maîtrisé car Sophie aime à contrôler son environnement, sinon, elle n'a aucun a priori particulier sur ces émissions.
Le mot de la fin, c'est la polyvalence, ne jamais arrêter de se créer de nouvelles compétences en touchant à tous les domaines, elle le dit avec beaucoup de franchise : " Si je ne chante pas, je peux écrire, si je n'écris pas, je peux produire, si je ne produis pas, je peux faire de la promo ". C'est un peu tout ça Sophie Delila.