Après avoir obtenu mon bac S, 2 choix s'offraient à moi : soit la filière universitaire, avec dans un premier temps un DEUG MIAS (maths et info appliqués aux sciences) ou SM (science de la matière), soit une classe préparatoire scientifique. On m'avait dit que la prépa était une expérience vraiment enrichissante et permettait d'apprendre certaines méthodes de travail. J'ai donc décidé de tenter l'aventure, en me disant que si le rythme de travail était trop élevé, je pourrais toujours me tourner vers la fac. J'ai donc fait une PCSI (physique chimie et sciences de l'ingénieur) en sup et une PC* (physique chimie) en spé, dans une petite prépa de province, à Toulon. A l'issue des concours, j'ai obtenu certaines écoles, en particulier des ENSI, mais les spécialités de ces écoles ne me convenaient pas vraiment. Malgré les conseils de mes professeurs de prépa, qui m'encourageaient vivement à faire une 5/2, j'ai décidé de partir avec la fac, et ceci pour 2 raisons :
Tout d'abord, même si le programme de math spé est relativement intéressant, je n'avais pas envie de recommencer les mêmes leçons et les mêmes exercices.
D'autre part, la profession de chercheur m'attirait de plus en plus, et pour exercer ce métier, la voie classique s'effectue à la fac : licence - maîtrise- DEA.
Finalement, je me suis inscrit en licence de physique dans une fac parisienne (Paris XI � Orsay). Pour être précis, j'étais en première année de magistère de physique. Le magistère est une formation un peu particulière en 3 ans, constituée de la licence, de la maîtrise, du DEA (ou DESS) avec certains cours en plus, en particulier de l'anglais et de l'informatique, et un stage supplémentaire. La sélection est un peu plus poussée que pour une licence et il paraît que cette formation est très appréciée, en particulier pour trouver une thèse. J'ai obtenu ma licence de physique et ma première année de magistère de physique (il faut 12 de moyenne pour la valider). Mais à l'issue de cette année et du stage en laboratoire (qui était pourtant très agréable, avec une excellente ambiance), j'ai compris que le métier de chercheur n'était pas fait pour moi. Je ne me sentais déjà pas capable de faire une thèse, qui exige de travailler pendant 2 ou 3 ans sur le même sujet. Ensuite, je trouvais le métier de chercheur trop spécialisé, trop concentré sur un domaine très circonscrit.
Donc pendant ma deuxième année de magistère, j'ai décidé de revenir vers les écoles d'ingénieur, et en particulier les écoles d'ingénieur généralistes, qui m'intéressaient particulièrement. Je me suis donc renseigné sur les possibilités d'admission sur titres en deuxième année.
Je me suis rendu compte que beaucoup d'écoles proposaient une vingtaine de places pour des étudiants de maîtrises scientifiques. Par contre le fait que j'aie déjà effectué une prépa m'a fermé certaines portes, en particulier Centrale Paris, qui ne recherche que de " purs universitaires ".
J'ai donc postulé à 6 ou 7 écoles d'ingénieur, en particulier les Mines de Paris, l'ENSTA, Centrale Lyon, et quelques ENSI. Mais comme je ne savais pas du tout ce qu'allaient donner les épreuves, j'ai aussi postulé pour 2 DEA.
Il faut en général envoyer les dossiers de candidature avant la mi-avril ou le début mai au plus tard. Une première sélection est effectuée sur les dossiers, et si le résultat est positif, on est convoqué pendant le mois de juin dans les écoles concernées. Les épreuves sont très variées selon les écoles, parfois il ne s'agit que de simples entretiens de motivation, plus ou moins délicats à aborder, ou de tests d'anglais, mais dans certaines écoles, comme aux Mines de Paris, il y aussi des oraux de mathématiques et de physique, et une entrevue avec les professeurs des options : en effet chaque élève des Mines doit choisir en deuxième année une option, une matière qui sera étudiée en profondeur (mais ce n'est absolument pas une spécialisation), et lorsque l'on rentre en admission sur titres on doit choisir 3 ou 4 options, et on bénéficie d'un entretien avec les professeurs concernés. C'est une excellente initiative puisque cela permet de vraiment bien comprendre en quoi l'option consiste et aussi de discuter longuement avec le professeur pour voir si on pourra s'entendre avec lui. C'est un avantage dont les étudiants de première année ne bénéficient pas.
J'ai été
admis dans plusieurs écoles, et finalement j'ai choisi les
Mines de Paris, pour sa situation, son prestige, et son caractère ultra-généraliste. En effet, j'ai fini ma première année aux Mines (donc la deuxième année du cycle ingénieur), et je dois dire que le maître-mot de cet enseignement est " variété " : j'ai fait au cours de cette année des maths, de la physique, de l'automatique, de la biologie, de l'électronique, de la sociologie (c'est d'ailleurs mon option), et donc ce qui est très agréable dans cette école, c'est que l'on n'a en général pas trop le temps de se lasser d'une matière. En contrepartie certains reprochent à l'enseignement d'être trop varié, trop superficiel, et de ne pas aller assez au fond des choses. Mais l'équipe pédagogique sait parfois se remettre en question et est à l'écoute des étudiants, qui ne sont d'ailleurs pas très nombreux, un peu plus de 100 par promotion. Je trouve que globalement l'ambiance est agréable et en ce qui concerne le rythme de travail, il est certes un peu plus régulier qu'à la fac (notamment à cause des langues vivantes, très importantes aux Mines), mais pas très conséquent, et on ne sent plus de véritable sélection : à très peu d'exceptions près, tous les étudiants passent sans difficulté en deuxième ou troisième année sans s'être tué au travail. Je suis donc vraiment content d'avoir intégré les Mines de Paris et je ne souhaite qu'une chose : que ma dernière année d'études se déroule comme celle qui vient de se terminer.