L’internat (autrefois appelé pensionnat) redeviendrait-il à la mode ? Oui si l’on en croit les chefs d’établissements qui depuis quelques années voient leurs listes d’attente allonger. Plus de 240 000 élèves étaient scolarisés en internat lors de la dernière rentrée scolaire (hors prépa), soit 5% des élèves.
Selon Sophie O’Prey de La Revue Education et Formations, c'est au lycée que le recours à l'internat est le plus fréquent, en particulier dans les filières professionnelles. Ce mode de scolarité est semble-t-il moins important au collège.
L’année dernière, Nicolas Sarkozy inaugurait le premier Internat d’excellence destiné à des élèves méritants issus de milieux défavorisés. La construction de 10 internats de ce type sur le modèle de Sourdun (premier internat d’excellence inauguré en 2008) est prévue à l'horizon 2011 dont 2 pour la rentrée 2010.
En fait d’excellence, ces établissements sont surtout dotés de moyens très largement au-dessus de la moyenne ce qui permet, on s’en doute, d’envisager tous les projets éducatifs.
Mais tous les établissements ne bénéficient évidemment pas d’autant de largesses. N’empêche, l’idée revient en force : offrir des conditions de travail plus sereines et plus rigoureuses peuvent permettre à des élèves en difficulté de renouer avec les études.
Pourquoi ce regain d’intérêt pour l’internat ?
Sans doute tout d’abord pour des raisons de société. Aujourd’hui le travail prend plus de place dans nos vies. Les deux parents ont souvent un emploi à l’extérieur ce qui nécessite de jongler avec les emplois du temps de chacun et parfois laisse peu de temps aux parents pour s’occuper des devoirs et activités des enfants.
Les cellules familiales ont elles aussi évolué depuis quelques décennies : les divorces sont plus fréquents tout comme les familles recomposées qui demandent un peu de temps d’adaptation pour que chacun trouve sa place.
Tous ces facteurs peuvent générer des tensions importantes au sein d’une famille.
Choisir d’étudier dans un internat peut être une solution pour retrouver de bonnes conditions de travail, d’apaiser sa colère et de retrouver le plaisir de retrouver ses proches le week-end.
Les internats ont eux aussi changé. Oubliée l’ambiance caserne, l’internat s’est modernisé pour laisser place à un lieu de travail certes, mais où la vie et les loisirs ne sont plus exclus.
L’internat c’est quoi ?
Bien plus qu’un hébergement, l’internat est un lieu de vie où l’on dispense le même enseignement que dans un établissement classique et où l’on propose des cours de soutien scolaire, des activités sportives et/ou culturelles, des cours de cuisine…
Généralement, les internes rentrent chez eux chaque week-end.
Il existe des internats publics et privés. Ces derniers ne sont pas forcément plus strictes que les établissements publics. À chacun de se renseigner sur l’établissement qu’il souhaite intégrer et de juger si le règlement et les activités proposés vous correspondent.
Évidemment pour vivre en communauté un règlement est nécessaire. Mais il n’est pas forcément militaire.
Cette vie en communauté exige des horaires fixes, un personnel d’encadrement et le respect de l’autre. À ces conditions, l’internat peut devenir une vraie chance pour reéussir ses études.
Selon un sondage réalisé il y a 3 ans auprès de 3000 internes, 62 % des élèves considèrent que l'internat est un lieu normal de vie et 86 % estiment que c'est une chance de réussite des études, seuls 16 % pensent que c'est une mauvaise période à passer.
L’internat c’est pour qui ?
Oubliez cette idée selon laquelle la pension est réservée aux fortes têtes. L’internat peut être une solution pour tous ceux qui connaissent des relations conflictuelles avec leur famille, ne disposent pas de bonnes conditions pour effectuer leurs devoirs chez eux ou sont trop tentés par leur console de jeu ou leur téléphone portable. En dehors de bonnes conditions de travail, l’internat peut vous permettre de découvrir de nouvelles méthodes de travail, vous ouvrir aux autres et vous permettre de faire de nouvelles rencontres.
Pourquoi fait-il peur ?
L’internat n'a pas bonne réputation auprès des élèves. Peut-être parce qu'il est parfois évoqué comme une menace par les parents (« si tu n'es pas sage, tu iras en pension... »)? Ou à cause des souvenirs des parents ou grands-parents, qui font pourtant référence à un système d’un autre âge? Peut-être encore est-ce la peur de la séparation, souvent évoquée par ceux qui envisagent ce mode de scolarité: comment vivre rassuré loin des siens ? Saura-t-on s’adapter à la vie en communauté ?
Des peurs souvent infondées qui disparaissent très vite. Mais choisir un internat pas trop éloigné de son domicile peut éliminer beaucoup de stress.
Choisir son internat
Privé ou public, mixte ou non, chaque internat a ses particularités. Certains choisissent de mettre l’accent sur le soutien scolaire, d’autres privilégient les activités sportives, d’autres encore l’ouverture culturelle.
En dehors de la proximité par rapport à votre domicile, il est important de bien vous renseigner sur l’établissement que vous envisagez : le nombre d’élèves, l’hébergement, s’agit-il de dortoirs ou de chambres individuelles, les activités parascolaires, les structures sportives… N’hésitez pas à demander une visite des lieux ou à rencontrer le directeur pour en savoir plus.
Les aides financières
Si le coût de l’internat varie d’un établissement à l’autre sachez qu’une aide financière est accordée aux familles pour les aider à faire face aux frais d'internat. Les élèves internes boursiers bénéficient ainsi d’un montant forfaitaire annuel de 240,84 €..