Orientation scolaire et professionnelle : Dyslexie, le mal des mots
La lecture ? : un cauchemar. Malgré ses 8 ans Simon ne parvient toujours pas à lire correctement. Sa lecture est hachée et il ne semble pas comprendre ce qu’il lit, découpe mal les mots, fait l’impasse sur la ponctuation. Simon est pourtant parfaitement intelligent. Son problème, l’orthophoniste vient de lui donner un nom : la dyslexie.
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Ce trouble de l’apprentissage de la lecture et par conséquent de l’orthographe toucherait environ 5 % de la population française. L’OMS (organisation mondiale de la santé), qui a reconnu la dyslexie comme handicap en 1991, estime quant à elle que 8 à 12 % de la population mondiale serait concernée par cette difficulté d'identification des mots écrits. C’est dire si le phénomène n’est pas anecdotique.
Clairement identifiée en 1881 par l’Allemand Oswald Berkhan, on admet le plus souvent que la dyslexie-dysorthographique, qui touche davantage les garçons que les filles, serait due à un défaut de maturation de la zone du cerveau dédiée au langage.
Très répandue, elle fait cependant toujours débat quant à ses origines et aux moyens de la traiter.
Fait intéressant, des chercheurs ont constaté qu’il existe bien moins de cas de dyslexie chez les populations qui pratiquent des langues où formes écrites et sonores se recoupent. C’est le cas de l’espagnol, de l’italien, du croate et de l’esperanto. Et la démonstration est encore plus flagrante dès lors qu’il s’agit de langues utilisant des idéogrammes comme le chinois ou le japonais. Dans ce dernier cas, seul 1% de la population serait atteinte de dyslexie. À l’inverse, parmi les populations pratiquant le français, l’allemand ou l’anglais, langues dites opaques puisque les formes écrites et sonores ne se recoupent pas, on compterait respectivement 10%, 5% et 20% de personnes concernées par ce trouble…
Il est important de rappeler en préambule que les personnes atteintes de dyslexie ont une intelligence tout à fait normale et peuvent même être brillantes à l’image d’Albert Einstein ou de Léonard de Vinci tous deux atteints en leur temps de cette pathologie. Aucun problème donc de compréhension ou d’assimilation. La difficulté réside dans l’identification des mots. Inversions, substitutions rendent la lecture et l'orthographe imprécises (on parle alors de dysorthographie) et complexifient la mise en forme écrite. Cette difficulté a malheureusement trop souvent pour conséquence l’échec scolaire.
À quoi reconnaît-on la dyslexie?
Il faut attendre le début du CE2 pour être sûr que les inversions de l’enfant ne sont pas dues à l’apprentissage de la lecture mais bien à la dyslexie.
On repère généralement un enfant dyslexique à :
- une inversion des lettres ;
- une confusion des lettres proches phonétiquement ou graphiquement ;
- une lecture lente ;
- une difficulté à lire un texte dense ou à lire en diagonale ;
- des problèmes d'orthographe ;
- une syntaxe incorrecte ;
- une mauvaise ponctuation ;
- une mauvaise utilisation des mots de liaison ;
- des difficultés avec les lettres muettes ;
- des problèmes de phonétique et de différenciation de mots à la sonorité identique mais dont l’orthographe diffère.
Les risques d’une mauvaise prise en charge :
Identifier précocement la dyslexie est essentiel pour l’enfant et pour la réussite de sa rééducation.
La non reconnaissance rapide de la difficulté d’un enfant dyslexique peut engendrer de nombreux problèmes. En plus de l’échec scolaire peuvent naître des troubles du comportement. Parfaitement intelligent, l’enfant concerné peut en effet se dévaloriser ce qui peut engendrer des comportements agressifs, turbulents ou à l’inverse totalement passifs. Des troubles qui peuvent amener les enfants, même jeunes, à présenter des signes dépressifs qu’il ne faut surtout pas négliger.
Quels sont les traitements ?
Le traitement le plus courant en France est l’orthophonie qui travaille sur les erreurs commises par l’enfant ou l’étudiant lors de la lecture et de l'écriture.
Autre approche : la sémiophonie. Cette technique repose sur les sons et se pratique à l’aide d’un appareil dit lexiphone.
La psychomotricité, l’ergothérapie et la psychologie sont également utilisées le plus souvent en complément des séances d’orthophonie ou de sémiophonie.
Retenez que la prise en charge de ce trouble est multidisciplinaire : orthophoniste, médecin, instituteur, famille doivent agir ensemble pour parvenir à résoudre ce trouble.
Quels résultats peut-on espérer ?
Ils dépendent pour beaucoup du degré d’intensité de la dyslexie. La précocité du dépistage, l’intensité et la régularité de la rééducation, qui peut durer plusieurs années, ainsi que la motivation de l’enfant et l’investissement familial sont également déterminants dans la réussite du traitement.
Le plus souvent, si ces conditions sont réunies, les troubles peuvent être considérablement atténués, voire disparaître dans les cas les plus légers. En règle générale, les séances de rééducation se terminent vers la troisième ou la seconde. À cet âge, les choses se stabilisent et il suffit le plus souvent de réactiver de temps en temps les mécanismes acquis en cabinet par quelques séances ponctuelles.
Chez les personnes les plus atteintes, une lacune à l’écrit perdure mais de façon beaucoup moins handicapante et permet néanmoins l’accès à des études supérieures.
Etre dyslexique n’interdit pas de faire des études. Les jeunes qui les entreprennent sont souvent extrêmement déterminés et peuvent réussir, certes au prix d’une charge de travail supérieure à la moyenne, de brillantes études.