Orientation scolaire et professionnelle : La boucherie, c’est un métier pour les gourmets
Michel Petitot est boucher depuis 40 ans. Il ne quitterait pour rien au monde son métier de boucher. Pour ce spécialiste, si vous aimez manger et le contact humain, ce métier est fait pour vous.
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Michel Petitot, Artisan boucher, rue de Vaugirard à Paris.
La France manque de boucher. Pourquoi ?
Dans l’esprit des gens, c’est un métier difficile. Il faut se lever tôt et l’image veut qu’on ait toujours les mains dans le sang. D’ailleurs, quand il y a une catastrophe, on parle régulièrement de « carnage » ou de « boucherie ». C’est sûr, vu comme ça, cela ne donne pas trop envie ! Pourtant, c’est un métier où l’on gagne très bien sa vie et où le contact avec les gens est très fort.
Quelle est la formation idéale pour être artisan boucher ?
Il faut faire un contrat en alternance au CFA (Centre de Formation des Apprentis). C’est ainsi qu’on apprend le mieux. En cours, l’apprenti est formé aux aspects techniques (découpe et connaissance des différents morceaux de viande). Il apprend également la comptabilité. Lorsqu’il est en magasin, le boucher lui inculque son savoir, l’initie aux ficelles de la profession et surtout lui transmet l’amour du métier.
Quelles sont les principales qualités requises pour être boucher ?
Il faut être gourmand et gourmet. C'est-à-dire aimer les bonnes choses. Savoir cuisiner est un vrai avantage car, de plus en plus, nous conseillons la clientèle sur des recettes ou sur la manière d’accommoder la viande. En résumé, il faut être bon vivant. Enfin, il faut aimer le contact avec les gens et être à l’aise avec tout le monde.
Comment voyez-vous l’avenir de votre métier ?
Il faut nous adapter aux nouveaux comportements. Les bouchers de demain devront proposer une grande partie de plats préparés, une offre « traiteur », car les gens ont moins le temps de cuisiner. Certaines pièces se vendent d’ailleurs moins bien, comme par exemple la viande pour le Pot au feu ou pour le Bourguignon. J’ai la chance de travailler avec ma femme qui cuisine beaucoup. Par exemple, ce matin, nous avons fait du bœuf bourguignon. Ce genre de produit se vend très bien quand le plat est déjà préparé par nos soins. Il n’en reste qu’une part. C’est ça la boucherie de demain : une offre de boucherie et une offre de plats déjà cuisiné. Sans oublier le conseil car de nos jours, les recettes se transmettent de moins en moins.
Propos recueillis par Ava Eschwège © AdC – L’Agence de Contenu