Une première année d’études ne correspond pas toujours à ce que l’on imaginait. Le contenu des cours, le rythme de travail, l’environnement ou les débouchés peuvent finalement décevoir. Cette situation est fréquente : se réorienter après une première année n’est ni un échec ni une perte de temps. C’est une décision qui permet parfois de mieux construire son parcours.
La réorientation demande toutefois de l’anticipation. Les démarches ne sont pas les mêmes selon que l’on souhaite changer de licence, rejoindre un BTS, intégrer un BUT, entrer dans une école ou commencer une formation professionnelle. Voici les principales étapes à connaître pour avancer avec méthode.
Faire le point avant de changer de formation
Avant de remplir un nouveau dossier, il est important de comprendre ce qui ne convient pas dans la formation actuelle. Le problème vient-il du contenu des cours, du niveau demandé, du rythme, de la ville ou du projet professionnel lui-même ?
Un étudiant inscrit en première année de licence de droit peut, par exemple, apprécier l’analyse et la rédaction, mais ne pas se retrouver dans des cours très théoriques. Il pourrait envisager un BUT carrières juridiques, plus professionnalisant. À l’inverse, un étudiant qui abandonne une licence de psychologie parce qu’il trouve les cours trop scientifiques peut découvrir que les statistiques sont également présentes dans d’autres formations du secteur.
Pour éviter une décision prise dans l’urgence, il peut être utile de répondre à quelques questions :
- Quelles matières ai-je réellement appréciées cette année ?
- Quels cours ou types d’exercices m’ont posé problème ?
- Est-ce la formation qui ne me correspond pas, ou bien la méthode de travail ?
- Quel métier ou quel domaine professionnel m’attire aujourd’hui ?
- Ai-je vérifié le contenu réel des formations que j’envisage ?
Un rendez-vous avec le service d’orientation de l’université, un conseiller d’orientation-psychologue ou un professionnel du secteur peut aider à faire la différence entre une difficulté passagère et une véritable erreur d’orientation.
Se réorienter dès la première année ou après les examens ?
Deux grandes possibilités existent. La première consiste à demander une réorientation pendant l’année, généralement à la fin du premier semestre. Certaines universités proposent des passerelles vers une autre licence ou un autre parcours dès le second semestre. Cette option dépend des places disponibles et des règles de l’établissement.
La seconde consiste à terminer l’année puis à candidater pour la rentrée suivante. Cette solution permet de valider des enseignements et de prendre le temps de construire un nouveau projet. Même si l’année n’est pas validée, elle peut apporter des compétences utiles : autonomie, prise de notes, recherche documentaire, présentation orale ou organisation du travail.
Dans certains cas, les crédits ECTS obtenus peuvent être pris en compte dans une nouvelle formation. Cette reconnaissance n’est cependant pas automatique. Elle dépend du contenu des enseignements et de la décision de l’établissement d’accueil.
Il est donc préférable de ne pas abandonner sa formation sans avoir étudié les conséquences. Un échange avec la scolarité permet de connaître les possibilités de conservation des notes, de validation d’unités d’enseignement ou de transfert de dossier.
Les démarches sur Parcoursup
Pour de nombreuses formations accessibles après le bac, la réorientation passe par Parcoursup. Les étudiants déjà inscrits dans l’enseignement supérieur peuvent formuler des vœux, au même titre que les élèves de terminale. Ils doivent généralement renseigner leur parcours post-bac et expliquer leur projet.
La candidature ne bénéficie pas automatiquement d’un traitement prioritaire parce que l’étudiant est déjà inscrit dans le supérieur. Le dossier est examiné selon les critères propres à chaque formation. Les résultats de première année peuvent être étudiés, mais les bulletins de lycée, la fiche Avenir et le projet de formation motivé restent également importants.
Le calendrier doit être surveillé attentivement. Les dates d’inscription, de formulation des vœux et de confirmation des dossiers sont fixées chaque année. Elles peuvent évoluer. Il faut donc consulter régulièrement le site officiel de Parcoursup et les pages des établissements visés.
Dans son projet de formation motivé, l’étudiant doit expliquer clairement sa démarche. Il ne s’agit pas d’écrire que la première formation était « nulle » ou que l’on veut simplement « changer d’air ». Le dossier doit montrer une réflexion.
Par exemple : « Après une première année de licence d’économie, j’ai confirmé mon intérêt pour la gestion de projet et le fonctionnement des organisations. Les enseignements très théoriques m’ont toutefois conduit à rechercher une formation davantage tournée vers les mises en situation et les stages. Le BUT gestion des entreprises et des administrations correspond à cette évolution. »
Cette formulation présente les faits, les apprentissages de l’année et la cohérence du nouveau choix.
Changer de licence à l’université
La réorientation vers une autre licence est souvent possible, mais elle dépend des capacités d’accueil et des modalités de chaque université. Certaines formations demandent une candidature en première année. D’autres peuvent proposer une admission en deuxième année si les enseignements déjà suivis sont suffisamment proches.
Un étudiant en première année de licence de sciences de la vie souhaitant rejoindre une licence de chimie ne sera pas dans la même situation qu’un étudiant venant de lettres modernes. Dans le premier cas, certaines matières scientifiques pourront être prises en compte. Dans le second, une admission directe en deuxième année sera moins probable.
Il faut consulter :
- le site de l’université ;
- la plateforme de candidature utilisée par l’établissement ;
- le secrétariat pédagogique de la formation ;
- le service commun universitaire d’information et d’orientation ;
- les responsables de parcours.
Une réorientation interne peut parfois être plus simple qu’un changement d’établissement. Certaines universités organisent des réunions d’information ou des dispositifs spécifiques pour les étudiants qui souhaitent changer de filière. Les places restent néanmoins limitées.
Rejoindre un BTS ou un BUT
Après une première année à l’université, le BTS peut être une option intéressante pour les étudiants qui recherchent un cadre plus encadré et une formation concrète. Les cours sont organisés en petits groupes, avec un suivi régulier, des travaux pratiques et généralement plusieurs semaines de stage.
Le BTS se prépare en deux ans. Il peut être suivi dans un lycée public ou privé, ou dans certains établissements en apprentissage. L’accès se fait principalement sur dossier, via Parcoursup. Les attendus varient selon la spécialité. Un étudiant qui souhaite rejoindre un BTS communication devra montrer son intérêt pour la création de contenus, la relation avec différents publics et le fonctionnement des organisations.
Le BUT, préparé en trois ans dans un institut universitaire de technologie, offre également une approche professionnalisante. Il comprend des cours universitaires, des projets, des périodes en entreprise et, selon les spécialités, la possibilité de poursuivre en master ou en école.
Attention à ne pas choisir un BTS ou un BUT uniquement parce que le mot « professionnel » semble rassurant. Ces formations demandent aussi du travail personnel et peuvent comporter des matières générales. Il faut lire le programme, vérifier les modalités d’évaluation et regarder les métiers accessibles après le diplôme.
Intégrer une école ou une formation spécialisée
Certaines écoles recrutent des étudiants ayant déjà effectué une première année d’études. L’admission peut se faire sur dossier, entretien, concours ou épreuves écrites. Les règles diffèrent fortement d’un établissement à l’autre.
Avant de candidater, il est essentiel de vérifier la reconnaissance du diplôme. Un titre enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles, une certification visée ou un diplôme conférant un grade universitaire ne présentent pas exactement les mêmes garanties. Le niveau annoncé par une école ne suffit pas à juger la qualité de la formation.
Les frais de scolarité doivent également être examinés avec attention. Il faut demander le montant total de la formation, les frais annexes, les conditions de remboursement et les possibilités d’alternance. Une école qui promet un emploi à 100 % ou une réussite garantie mérite une vérification approfondie.
Pour les formations artistiques, paramédicales, sociales ou liées à la sécurité, les modalités d’admission peuvent suivre un calendrier particulier. Il ne faut pas supposer que toutes les candidatures passent par Parcoursup. Le site de l’établissement reste la source la plus fiable.
Réorientation et alternance
L’alternance peut donner un nouveau sens à un parcours. Elle permet de partager son temps entre un établissement de formation et une entreprise, avec un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation selon les situations.
Ce format convient aux étudiants qui souhaitent apprendre à partir de situations concrètes et découvrir rapidement le monde professionnel. Il demande toutefois une bonne organisation. Trouver un employeur peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Il faut préparer un CV, s’entraîner à l’entretien et multiplier les candidatures.
Un étudiant qui se réoriente vers un BTS systèmes numériques, un BUT informatique ou une formation commerciale peut rechercher une entreprise dès l’admission obtenue. Certaines écoles conditionnent l’inscription définitive à la signature d’un contrat. D’autres proposent une rentrée en statut étudiant si l’alternance n’est pas trouvée immédiatement.
Avant de signer, il faut vérifier le rythme d’alternance, les missions confiées et l’accompagnement prévu. Une alternance où l’étudiant réalise uniquement des tâches éloignées de sa formation risque de limiter son expérience.
Que faire si l’on n’est pas accepté tout de suite ?
Une réponse négative ne signifie pas que le projet est impossible. Elle peut être liée au nombre de places, à un dossier incomplet ou à une forte concurrence. Il est utile de demander les raisons du refus lorsque cela est possible et d’identifier plusieurs solutions.
- candidater dans plusieurs établissements ;
- élargir la recherche à des formations proches ;
- examiner les possibilités en apprentissage ;
- se renseigner sur les rentrées décalées ;
- préparer une nouvelle candidature pour l’année suivante ;
- chercher une expérience professionnelle ou un service civique cohérent avec le projet.
Les rentrées décalées permettent parfois de commencer une formation en janvier, février ou mars. Elles concernent surtout certaines écoles et formations privées, mais pas toutes. Le contenu peut être intensif, puisque le programme doit être réalisé sur une période plus courte.
Une année supplémentaire n’est pas nécessairement une année vide. Un emploi étudiant, un stage, une mission de service civique ou une formation courte peuvent aider à préciser le projet. L’essentiel est de pouvoir expliquer ce que cette période a apporté.
Ne pas négliger les aspects administratifs et financiers
Une réorientation peut modifier les droits à la bourse, l’inscription administrative ou le logement étudiant. Les étudiants boursiers doivent signaler leur changement de formation au service compétent et vérifier que leur nouveau cursus respecte les conditions d’attribution.
Le nombre de droits à bourse est limité selon le niveau d’études et la progression dans le parcours. Une réorientation reste possible, mais elle doit être déclarée correctement. En cas de doute, le Crous peut préciser la situation personnelle de l’étudiant.
Il faut aussi anticiper les frais liés à une nouvelle inscription : contribution de vie étudiante et de campus, frais de transport, matériel, logement ou frais de concours. Si la nouvelle formation se trouve dans une autre ville, le budget peut changer sensiblement.
Les erreurs à éviter
La première erreur consiste à quitter sa formation avant d’avoir une solution réaliste. Même lorsque l’année est difficile, rester inscrit jusqu’à la fin peut permettre de valider des crédits ou de conserver un statut étudiant.
La deuxième est de se fier uniquement aux témoignages publiés sur les réseaux sociaux. Ils peuvent être utiles pour découvrir une formation, mais ils ne remplacent pas les informations officielles. Deux étudiants peuvent vivre très différemment le même cursus.
La troisième est de choisir une orientation uniquement pour faire plaisir à sa famille ou pour suivre un ami. Une formation adaptée à un proche ne le sera pas forcément pour soi.
Enfin, il faut éviter de présenter la réorientation comme une rupture totale. La première année a permis d’acquérir des connaissances et de mieux identifier ses attentes. Dans un dossier, cette expérience peut devenir un point fort si elle est expliquée avec honnêteté et précision.
Un calendrier pour avancer sereinement
Dès le début de l’année, notez les formations qui vous intéressent et leurs conditions d’accès. Au premier semestre, prenez rendez-vous avec un service d’orientation et échangez avec des étudiants déjà inscrits dans les filières envisagées.
Avant l’ouverture des candidatures, comparez les programmes, les débouchés, les stages, les modalités d’évaluation et les coûts. Pendant la période de candidature, préparez chaque dossier séparément. Un projet de formation motivé identique pour tous les vœux sera rarement convaincant.
Enfin, gardez plusieurs options. La meilleure réorientation n’est pas toujours celle qui correspond exactement au premier souhait. Elle peut aussi être une formation proche, dans laquelle les compétences déjà acquises seront utiles et où le projet professionnel pourra progressivement se préciser.
Changer de voie après une première année demande du courage, mais surtout de la méthode. En prenant le temps d’analyser son expérience, de vérifier les informations et d’anticiper les démarches, il devient possible de transformer une année de doute en véritable étape de construction.

